La course à l’échalote

Après avoir vécu les péripéties d’un projet de fusion à 7 communes autour de la commune de Vallet nous assistons maintenant aux agitations de quelques élus qui envisageraient de fusionner Saint Julien de Concelles et le Loroux-Bottereau.

Bien sûr, on aimerait voir là des projets mus par une belle vision du territoire liée à la nécessité d’être plus efficace en termes de gouvernance, d’organisation des services et d’attractivité tant dans le domaine de la recherche de nouveaux habitants que de nouvelles entreprises. Bien que sur ce dernier sujet c’est la Communauté de Communes Sèvre et Loire qui en a la charge.

Las, quand on lit la presse on s’aperçoit que deux objectifs et seulement deux sont mis en avant, nonobstant le fait que des objectifs non avouables peuvent aussi être envisagés tels qu’améliorer la rémunération d’élu et renforcer son pouvoir en étant à la tête d ‘une collectivité plus importante.

Localisme, gros clocher et course aux dotations

Fusionner Saint Julien de Concelles et le Loroux-Bottereau afin d’être plus gros que son voisin, Vallet étant ciblé dans cette affaire, et courir après d’éventuelles dotations de l’État qui seraient plus importantes, voici donc l’argumentaire officiel.
« Dotations éventuelles sans doute, pérennisables j’en doute. »
L’État central joue avec les nerfs des élus locaux. Les règles du jeu changent en fonction des humeurs tantôt du président, tantôt d’un cartel de hauts fonctionnaires de quelques hautes administrations murmurant à l’oreille d’un ami de l’ENA (École Nationale d’Administration) devenu président ou premier ministre.

Nos pauvres élus locaux pratiquent alors le sport devenu favori en Hexagonerie, la course à l’échalote, entendez par là la course aux subventions.

Vison de territoire

Tout cela crée une atmosphère relativement pathétique.
Pour les élus de l’ancien mandat qui ont œuvré en faveur d’une organisation territoriale basée sur un EPCI – Établissement Public de Coopération Intercommunale – couvrant tout le Pays du Vignoble Nantais il y a quelque chose de pathétique à constater que des élus d’aujourd’hui qui ont saboté ce beau projet cohérent impliquant une véritable vision d’avenir, s’engagent maintenant dans une course aux fusions de communes de façon quelque peu schizophrène.

80% des communes ont moins de 2000 habitants

En effet, un peu de clarté dans ce débat.
80% des communes françaises ont moins de 2000 habitants.
Là est le problème. J’avais, lors de mon mandat de maire de la Remaudière, souhaité une fusion de la Remaudière et de la Boissière du Doré.
2300 habitants – chiffre de 2014 – deux écoles au choix, une publique, une privée, une équipe administrative aux compétences renforcée avec l’arrivée possible d’un cadre A expérimentée, voici listé quelques avantages qu’aurait eu cette fusion.
L’objectif de la réorganisation territoriale devrait donc chercher à diminuer le nombre de petites communes.
On sait que le transfert de nombreuses compétences se fait vers les communautés de communes ou d’agglomérations ce qui annule l’intérêt de fusionner de grosses communes.

Conseiller territorial et régions cohérentes

J’avais soutenu en son temps le projet gouvernemental de conseiller territorial qui aurait été à la fois conseiller départemental et conseiller régional. C’était un projet intelligent puisqu’il préparait ainsi à une fusion progressive et sans heurts des départements avec leur région.
Cela se serait fait en même temps qu’une création de nouvelles régions dans le cadre des travaux de la commission Balladur. La réunification de la Normandie –Basse et Haute Normandie-et la réunification de la Bretagne -Loire-Atlantique et région administrative de Rennes- y étaient envisagées. On sait qu’ Hervé Morin a obtenu la réunification de la Normandie, tel n’a pas été le cas pour la Bretagne.

En ce qui nous concerne, la fusion des quatre communautés de communes en un Pays du Vignoble Nantais unifié, anticipait cette réorganisation territoriale.
La région aurait eu Le PAYS ou BASSIN DE VIE comme interlocuteur.
À titre d’exemple, l’organisation territoriale dans une Bretagne réunifiée se serait faite avec un conseil régional ayant 46 Pays comme interlocuteurs.

La commune, démocratie de proximité

Quant à la commune, elle doit garder cette démocratie de proximité si chère aux habitants.
Éloigner ce centre de décision par des fusions sans autre vision que l’optimisation des dotations de l’État, dotations très aléatoires comme on l’a vu, ne me paraît pas la bonne voie à emprunter.

À La Remaudière, le 8 février 2018

Alan-Erwan Coraud
Dirigeant-Gérant de société
De 2014 à 2018 :
Maire de la Remaudière
Vice-Président de la CCLD en charge de la commission Communication-Culture-Tourisme
Co-fondateur de l’Office de Tourisme du Pays du Vignoble de Nantes
Responsable de la commission communication.